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Le but et l’originalité de ce projet consistent à restituer
pleinement l’esprit de la fin du 18ème siècle à travers
essentiellement les justes « tempi » de l’époque de Mozart, surtout
concernant les mouvements lents.
En effet, le développement de la masse orchestrale au 19ème
siècle a progressivement et inexorablement alourdi cette musique, lui conférant
des « tempi » de plus en plus lents. De plus, la technique vocale
évoluant considérablement, la musique de Mozart a du s’adapter à cette autre
manière de chanter, qui convient très bien pour Verdi ou Wagner, mais qui
déforme totalement la pensée de Mozart.
Lors de sa création à Prague, Mozart utilisa moins de 30
instrumentistes dont 12 instruments à cordes. C’est exactement notre effectif.
Depuis on a triplé ce nombre d’instruments à cordes. C’est une grave erreur qui
nuit gravement à la dynamique de cette musique.
Tout notre travail consiste (tant sur le plan musical qu’au
niveau de la mise en scène) à restituer à la fois cette légèreté et cette
dynamique époustouflante.
La mise en scène
est de Philippe Robert, en voici le contenu:
DON GIOVANNI
« Ce qui
est toujours actuel et particulièrement stimulant dans le personnage de Don
Giovanni, c’est autant sa quête d’émancipation, se jouant de l’autorité ou bravant
la morale que son ambition égoïste et dérisoire, au mépris des autres, voire
lui-même!
Loin des
limites du héros rebelle et romantique, il nous importe surtout de faire peser
le « passif » que Don Giovanni traîne dans sa fuite éperdue.
Tous lui courent après par amour, vengeance ou rédemption, d’où ce
tournoiement. Il attire, happe, absorbe, broie et rejette tout sur son passage,
sauf la mort!
L’électron
libre devra alors, assumer ses actes devant la statue du commandeur, tué par
lui au début de l’opéra et devenu pour nous, le porte-parole des
victimes que nous suggèrerons grâce à une présence fantomatique du chœur
muet, un élément actif de notre mise en scène, puisqu’il portera Don Giovanni
en enfer.
Entre
l’ouverture tonitruante et ce dénouement tragique, l’œuvre reste espiègle et
sensuelle et chante le tiraillement des corps pris aux pièges de leurs
instincts, des mensonges et des regrets, et elle nous demande: jusqu’où
peut-on oser, sans blesser la dignité d’autrui ?
Sans
sur titrage, comme pour notre Cosi fan tutte, nous souhaitons donner
visuellement et par les situations, suffisamment de lisibilité à l’œuvre pour
inciter un public souvent novice à suivre la moindre inflexion musicale,
partageant ainsi, par les actions, la compréhension et l’émotion de chaque
instant.
La folle ronde
des cachettes, des complots et autres secrets se jouera entre les malles de
voyages du séducteur toujours en quête et en fuite ou entre les colonnes de son
palais: transparentes alcôves de tulle blanc qui, s’ouvrant comme de
suaves moustiquaires, piègeront les belles!
A
l’heure où on se pose la question « La culture pour qui ? »,
nous avons souhaité un Don Giovanni jeune, comme à la création du rôle pour
faire entendre comment cette fable de 1787, nous questionne aujourd’hui:
Don Giovanni est-il un carnassier, un rebelle, un joueur juvénile et
désinvolte …? »
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